EMI Classics rend hommage au grand poète du piano en publiant une intégrale de ses enregistrements en 36 CD entièrement remastérisés, enrichie de nombreux inédits.
La carrière de Samson François connut en France un éclat dont on peine aujourd'hui à imaginer l'ampleur. Quoiqu'il fût adulé au Japon, admiré en Russie, recherché aux Etats-Unis, Samson François ne laissa jamais tomber les Jeunesses musicales de France et les concerts en province : il y gagnera une popularité que l'on n'a jamais revue depuis pour un pianiste. Sa mort prématurée le fit définitivement basculer dans la légende.
Samson avec le son
Le succès et la réputation de ses disques conduisirent naturellement EMI dès le début des années 1980 à numériser les principaux enregistrements de Samson François et à les rendre disponibles en CD. Des nouvelles générations de mélomanes ont ainsi pu connaître et aimer la prodigieuse liberté, l'élan recréateur et l'art du chant de Samson François. Reste que la technologie de l'époque a souvent échoué à rendre pleinement justice aux qualités de la sonorité du pianiste, et l'habitude fut souvent prise parmi la critique de le reprocher à la prise de son de l'époque. La restauration sonore soignée à partir de toutes les bandes originales entreprise pour cette édition par les ingénieurs-musiciens du Studio Art et Son, répare en grande partie cette injustice. Bien des enregistrements que l'on pensait connaître par cœur en particulier parmi les trois piliers de sa discographie, Chopin, Ravel et Debussy, en sortent transfigurés.
Samson inédit
En 1995, EMI France a publié une première rétrospective générale des enregistrements de Samson François. Que les chanceux de l'époque ne se désespèrent pas : la présente édition a été considérablement enrichie par rapport à la précédente.
Les nombreux témoignages de concerts et 78 tours inédits, issus en particulier des archives de l'INA, ne constituent pas moins de 6CD. On trouvera notamment le 3ème Concerto de Bartók avec David Zinman, qui fait à cette occasion une entrée fracassante dans la discographie de Samson François, tout comme les Variations symphoniques de Franck avec André Cluytens qui répare heureusement son absence dans sa discographie officielle. Le Cinquième de Prokofiev avec Lorin Maazel ou le Concerto de Schumann avec Munch viennent finir de contredire l’image d’un Samson François entouré de chefs de deuxième ordre. Deux récitals à Pleyel (1964) où à vrai dire le pianiste se montre inégal mais d'une richesse expressive époustouflante viennent clore ce coffret.